Les femmes et la politique : un mariage illégitime?

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La parité a permis un nombre égal de ministres hommes et de ministres femmes dans le gouvernement Hollande. Si cette égalité numéraire est enfin appréciable, il n’en est pas moins que les femmes ministres ne font toujours pas l’unanimité. Attaquée fréquemment sur leur comportement, leur tenue vestimentaire ou leur caractère, sont-elles victimes de discrimination ou bien tout simplement critiquées car critiquables? Ce que l’on peut constater ce sont que les portefeuilles diffèrent grandement que l’on soit justement homme ou femme. En effet, sur les 4 grands ministères régaliens, un seul compte une femme à sa tête: la justice. Et ce ministère, donné aux femmes depuis plusieurs gouvernement successifs, se retrouvent toujours être un placard dont on ne ressort pas indemne, tant les réformes à entreprendre sont impopulaires.  Pour le reste, nous avons une femme à l’écologie, une femme à la culture, une autre au logement, et nous retrouvons sans surprise une femme aux affaires sociales, ainsi qu’au ministère des droits des femmes. Mais depuis l’élection de François Hollande, les femmes se suivent, se succèdent, et se ressemblent. Souvent au coeur de tempêtes médiatiques, elles s’illustrent pour la plupart en rebelle.Tantôt en rebelle indomptable (Cécile Duflot), en rebelle incompétente (Christiane Taubira) ou encore en rebelle du décolleté (Ségolène Royal).

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Ségolène Royal : une ex rebelle

Trop souvent indisciplinées, en opposition avec l’exécutif, elles apparaissent comme agressives. Sur la loi de la récidive, par exemple, Christiane Taubira paiera très cher dans les sondages son opposition à Manuel Valls. Un Manuel Valls guère plus « doux » mais qui ne pâtira pas de cette image, indispensable pour un homme de poigne. Mais qu’en est-il pour une femme de tempérament? Cécile Duflot aura mis en garde Manuel Valls face à un président insensible à son chantage : « Si tu es nommé à Matignon, je m’en vais ». On connaît la suite. La ministre du logement se serait-elle cru indispensable dans un gouvernement où les femmes doivent encore prouver qu’elles ne sont pas là uniquement pour un besoin paritaire? A trop vouloir prouver leurs compétences, justifier leur présence, elles envoient le mauvais message: on se dit presque qu’elles ne sont pas elles-mêmes convaincues de mériter leur place. Habituées qu’elles sont à ce qu’on le leur fasse remarquer.

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Alors pour la mériter, elles s’imaginent, inconsciemment sans doute, qu’elles doivent parler plus haut, crier plus fort, marquer davantage le terrain médiatique que leurs collègues masculins. Ségolène Royal, revenue des abîmes d’une traversée du désert, croit devoir imposer des règles monarchiques à ses collaborateurs pour mériter respect. Dorénavant, lorsque la dame se présente dans les couloirs du ministère, les lieux résonnent d’un « Oyé, Oyé, braves gens, Dame Ségolène entroist, levez vous séant! » Ridicule, vous en conviendrez. Mais peut-être pas anodin. Peut-être les femmes ont-elles encore besoin de signes extérieurs de pouvoir pour se prouver à elle mêmes qu’elles en ont. Et par là même, le prouver au au reste du monde. Un monde qui s’en moque, rassurons les. Qui se moque de la raison de leur présence ici, tout en se moquant de leurs tribulations parfois excessives pour la mériter. Car il serait temps que les femmes arrivées là pour leurs compétences, en soient convaincues, pour nous en convaincre. Une place au soleil donc pas encore tout à fait légitime. Bien sûr, dans toutes règles il y a des exceptions. Marisol Tourraine en est une. Discrète, calme, posée (que de vertus féminines!) elle ne ressentirait pas le besoin d’une accréditation permanente. Mais son ministère de la Santé et des Affaires Sociales, historiquement réservé aux femmes, y est sans doute pour beaucoup. Idem pour Najat Vallaud Belkacem, un temps porte parole du gouvernement, qui sera vite rappelée à un poste curieusement féminin depuis plusieurs mandats: celui du ministère des sports.Comme si, par respect de parité, mais sans grande conviction sur leurs compétences à ce poste, on installe des femmes ministres qui n’ont sans doute jamais vu la couleur d’un maillot de sport, à la tête des sportifs de France. Il est donc dommage de constater que les femmes politiques ne servent pas toujours la cause de la gente du même nom. Hystérique, capricieuse, agressive. Autant d’adjectifs péjoratifs souvent accolés aux femmes de caractère et qui semblent encore une fois coller à la peau de celles qui nous gouvernent. A une exception près. Celle de la présidente du FMI Christine Lagarde qui n’aura jamais eu recours au verbe haut pour asseoir sa légitimité. Pour le reste, encore aujourd’hui, les femmes politiques ne sont toujours pas des hommes comme les autres.

PERRINE VASQUE.

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