Faible mobilisation pour #BringBackOurGirls made in France

Ce mardi était une journée de mobilisation à Paris. Celle des personnalités d’abord, venues vers 9h00 place du Trocadéro manifester leur soutien aux quelques 200 jeunes filles enlevées au Nigéria par la secte islamique Boko Haram. Puis au tour des anonymes et associations féministes d’envahir la plus belle place de Paris. Mais au milieu des touristes venus admirer la Tour Eiffel, la mobilisation n’a pas été au rendez vous.

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La place du Trocadéro s’apprête à accueillir les manifestants.

La France se sera réveillée tardivement. Alors que les personnalités du monde entier se mobilisent depuis plusieurs semaines pour les jeunes lycéennes enlevées le 14 avril par Boko Haram au Nigéria, la première vraie mobilisation aura dû attendre ce mardi 13 mai en France.
Au petit matin, d’abord, pour un défilé de personnalitées venues prendre la pose pour la bonne cause…ou la bonne conscience. Parce qu’au vu de leur temps passé sur les dalles du Trocadéro, les journalistes auront dû dégainer à toute allure caméra et appareil photo pour pouvoir immortaliser ce -bref- moment.
Mais même Carla Bruni-Sarkozy et Valérie Trierweiler sur la même photo, n’auront suffit à mobiliser les troupes pour la grande manifestation « populaire » qui avait lieu le soir même à 18h.
Si toutes les associations féministes étaient présentes, des Femen à Osez le féminisme en passant par le Planning Famililal et Amnesty International, il est dommage de constater que les journalistes étaient plus nombreux que les mobilisés. Dommage de voir si peu d’hommes dans l’assemblée. Dommage que ce combat pourtant essentiel du bout du monde ne soit considéré dans notre pays comme un simple combat féministe qu’on laisse entre les mains des associations du même nom.

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Les journalistes étaient venus nombreux pour couvrir la manifestation

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Quelques personnalités étaient présentes. Ici, Géraldine Nakache.

On peut regretter en effet que la cause n’est pas suffit à mobiliser les hommes et les femmes de France pour un sujet pourtant grave et tout à fait inquiétant. Car non ce n’est pas une histoire de femme, de Femen ou d’irréductibles féministes. Non, c’est une histoire de droit de l’Homme. De droit à l’éducation. Droit à l’instruction. Droit à la liberté, tout simplement.
Si le mot d’ordre de la manifestation était la libération de ces jeunes filles, l’environnement dans lequel elles ont été enlevées soulève également la consternation. Kidnappées au sein d’une école pour être vendues en esclave ou en mariage, c’est tout le symbole de l’éducation des jeunes filles, précaires dans cette région du monde, qui est touché. Beaucoup ont ainsi insisté sur le droit pour tous d’aller à l’école, de s’instruire. Les « jeunes socialistes », présents dans le cortège, parlent même de « la démocratisation des études supérieures ». Dommage encore une fois, que le sujet soit politisé. Car il n’y a pas de parti pris à prendre pour les droits humains.

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L’éducation pour tous était au centre des revendications

Cependant l’enlèvement de ces jeunes filles par Boko Haram ne se résume pas à arracher les jeunes filles de l’école pour le respect de la Charia. Bien entendu, Boko Haram souhaite voir la loi islamique s’appliquer à cette région du nord du Nigéria. Bien sûr, la soumission des filles par le mariage représente l’une des pierres angulaires de cette loi. Une soumission des femmes aux hommes par un refus systématique de leur liberté, sous toutes ses formes: liberté de choix, liberté des mouvements, liberté d’aimer, liberté d’apprendre. Dans la vidéo qu’il a diffuser sur internet, le chef de Boko Haram parle même de fillettes de 9 ans vendues pour être mariées.
Mais au-delà de ce marchandage pour faire respecter la loi islamique, Boko Haram a trouvé dans le rapt de jeunes filles un moyen de recruter des mercenaires. Car dans cette région très pauvre du pays, beaucoup d’hommes ne trouvent pas femme à cause du prix élevé de la dot.
Boko Haram kidnappe donc des jeunes filles qu’ils revendent pour une dizaine d’euros à ces privés d’épouse. En retour, ils s’engagent à combattre au côté des assaillants. Le rapt serait devenu une sorte de monnaie d’échange pour développer l’influence et le réseau de Boko Haram.
Tout n’est donc pas qu’une question de croyance et de loi religieuse.

Pour marquer leur ras le bol vis à vis de leur continent gangréné par le terrorisme, avec lequel les forces de sécurité du pays entretiennent de coupables complicités, quelques hommes africains sont venus réclamer la libération de leurs « filles » en poussant un cri de colère:


Retrouvez ici la dernière vidéo de Boko Haram dans laquel il demande l’échange des jeunes filles contre des prisonniers islamistes:

 

 

 

 

 

 

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