Garde alternée: l’égalité par alternance

La proposition de loi API sur l’autorité parentale et l’intérêt de l’enfant devait passer en commission des lois ces mardi 6 et mercredi 7 mai. Elle permettrait la généralisation de la garde alternée pour favoriser «des relations équilibrées et régulières avec chacun des parents. » Mais ça part mal. Féministes et pères en colère se déchirent depuis l’annonce de cette loi, et bien sûr les raisons de leur mécontentement divergent.

garde-alternee

Qu’on le veuille ou non, l’égalité des sexes doit peut-être en passer par là. A l’heure où les femmes portent haut et fort les couleurs de l’égalité des sexes, elles s’offusquent encore d’une porte non retenue par un monsieur, ou d’un autre qui ne leur céderait pas la priorité à la sortie de l’ascenseur. Sauf que, d’égal à égal, on peut bien attendre notre tour pour arriver au premier étage.
Alors oui, en cas de divorce, papa a aussi le droit de voir ses enfants aussi souvent que maman.Bien sûr, les naturalistes vont dépoussiérer les slogans de 2000 ans de bons et loyaux service judéo-chrétiens pour nous expliquer qu’il est dans la nature d’une mère de s’occuper de sa progéniture et dans celle du père de s’occuper de…la procréation. Bah voyons.
Les enfants nous les faisons quand même à deux. Et oui, même la Vierge Marie a eu besoin du coup de pouce de l’ange Gabriel. On ne fait pas des enfants avec un spermatozoïde. On ne divorce pas d’un spermatozoïde.

MAIS QUEL EST LE PROBLÈME?

Me direz vous. Et bien le problème est l’éternel combat qui oppose les associations féministes, farouchement hostiles à la garde partagée, et les associations de père, farouchement hostiles aux féministes.
Car la situation est plus complexe qu’elle n’y paraît.
Dans la nouvelle loi, le texte prévoit que le déménagement d’un des deux parents ne sera plus possible qu’avec l’accord express du second. Avancée importante pour les pères puisque l’association SOS PAPA rapporte que dans beaucoup de cas, la mère part à l’autre bout du pays sans que le père n’ait voix au chapitre.
Une avancée pour l’égalité donc.
Sauf que voilà, c’est précisément cette parti du texte que conteste les féministes en accusant l’état de rapprocher « les victimes » de leurs « bourreaux » en cas de violence conjugale. Car si le texte précise que cette autorisation ne sera pas requise si « l’un d’entre eux a été condamné soit comme auteur, coauteur ou complice d’un crime ou délit sur la personne du parent », pour Fédération nationale Solidarité Femmes cette précaution n’est pas suffisante pour protéger les femmes victimes de violence. Car beaucoup d’entre elles ne portent pas plainte.
Certes. Mais cela ressemble à une énième tentative d’égalité parentale balayés d’un revers de main par les porte paroles du féminisme français.
Sauf que voilà, à l’heure où beaucoup de papas prennent leur rôle de père aussi sérieusement que les mamans prennent le leur, il est dommage de ne pas arriver à une égalité dans le domaine de l’éducation. Car si la garde partagée est loin d’être idéale pour les enfants, elle reste cependant la seule solution pour nos papas poules de voir leurs enfants grandir plus souvent qu’un week end sur deux.
Après tout, il ne me semble pas que l’amour n’existe qu’au maternel.

STOP A L’ANTI MASCULISME

Car non, tous les divorces ne se font pas sous les coups du mari, toutes les femmes ne sont pas victimes et tous les enfants ne gagnent pas à vivre loin de leur père. Ses cas de violence conjugale, encore bien trop nombreux dans notre pays à l’heure où une femme meurt tous les 3 jours sous les coups domestiques, ne peuvent pas servir de base à la population française pour la création d’une loi sur la famille. On crée la loi pour le plus grand nombre, puis on la retravaille, on l’adapte, on la consolide pour protéger les plus fragiles. Mais elles doivent exister pour faire avancer les choses. Protection oui, contestation systématique non.

Pendant des décennies les femmes se sont plaintes à très juste titre d’assumer seule l’éducation des enfants. Et à l’heure où les pères veulent (enfin) s’impliquer, on leur déclare la guerre. Ce qui me gène dans ce combat féminisme contre masculinisme? Le visage victimaire que l’on pose systématiquement sur les traits des femmes. Et celui de bourreaux que l’on appose aux hommes. On se croirait presque revenu au temps où les femmes étaient considérées comme mineurs devant la loi. Fragiles et vulnérables, la société devait  nous protéger. On en oublierai la quintessence du combat féministe : l’égalité des sexes. Or cette mystification de la femme victime et de l’homme bourreau n’est pas la meilleure façon de nous rendre égaux.
Bien sûr la violence sexuelle ou autre des hommes à l’égard des femmes existe et est scandaleuse. Bien sûr, les criminels coupables de coups ou de viols devraient être bien plus punis qu’ils ne le sont aujourd’hui. Mais actuellement, une vilaine impression me laisse le goût amère que le discours sur l’égalité entre les femmes et les hommes ne se fait plus que das cette conjoncture là. Celle du protectionnisme. Celle de l’opposition systématique des sexes. Car pour un député qui « cocotte » à l’assemblée nationale, combien d’hommes se lèvent pour dénoncer ce primate ordinaire? Nous ne connaîtrons pas le chiffre, car nous ne focalisons pas le discours sur l’entre aide et l’humanité qui nous relie les uns aux autres. Nous ne parlons que sur les différence qui nous oppose.
Le problème du féminisme français aujourd’hui est qu’il concentre cette violence dans 95% de sa communication . Or, elle ne représente pas 95% des problèmes de 95% des femmes au quotidien.

Pour le reste, Il est peut-être temps que les femmes acceptent de perdre un peu parfois, comme leurs enfants une semaine sur deux, dans le combat pour l’égalité des sexes.

PERRINE VASQUE

 

JEAN JAURÈS A DIT:
En cette année de centenaire de sa disparition, peut-être devrions-nous revenir à la sagesse du grand Homme qui avait le goût « des petits pas ». Pour le fondateur du socialisme, mieux valait une loi imparfaite que pas de loi du tout. Ainsi, il avait voté pour la première loi sur les retraites de 1910 qui statuaient sur une retraite à 65 ans. A l’heure où les ouvriers n’atteignaient pas cet âge, ses amis socialistes lui reprochèrent son vote. Mais lui avait en tête qu’il valait mieux une mauvaise loi, que pas de loi du tout. Plus tard, on pourrait ajuste, amender. Le pas était fait. La loi sur les retraites était née.

66 MIlLLIONS ONT ÉTÉ ALLOUÉS PAR LE MINISTÈRE DES DROITS DES FEMMES EN 2013 POUR LUTTER CONTRE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES.
Dans cette loi, un dispositif de prévention, ainsi que des moyens concerts et importants ont été mis en place comme des psychologues dans les commissariats pour épauler les policiers lors de plaintes de violence conjugale. Un numéro vert SOS FEMMES VIOLENCES CONJUGALES 3919 a été crée.
En France, 1 femme sur 10 déclare avoir déjà été victime de violence conjugale.
EN 2013, 121 femmes et 25 hommes ont perdu la vie sous les coups de leur conjoints.

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