Le week end de Judith.

Vendredi soir. Judith décide d’aller au cinéma. Non pour aller voir des relents hollywoodiens du box office mais pour aller soutenir un festival engangé dans les combats des femmes du monde entier. Judith, très concernée par la chose se dit qu’elle se doit de participer à cet évènement. La voilà donc partie pour un documentaire sur la vie d’une poétesse indienne luttant pour affirmer sa condition dans une société ultra patriarcale. Beau programme. Motivée, Judith fait fît de l’heure de transport qu’elle doit s’avaler avant de parvenir à ses fins.
Sauf que: en non initiée de la banlieue parisienne, Judith n’avait pas remarqué l’adresse estampillée « quartier chaud » comme ils disent à la télé.
Pas grave, il n’est que 20h et Judith, elle, même pas peur.
Sauf qu’une fois arrivée sur place, Judith se dit quand même qu’elle aurait dû se faire un peu moins belle… C’est qu’elle a passé la journée avec un garçon qu’elle aime bien alors, pas bête la guêpe, elle n’allait pas cacher ses atouts en si bonne compagnie…
Sauf que la compagnie avait changé et seule au milieu d’un centre commercial désert, sa tenue lui sembla au mieux inadaptée. Mais peu importe, il n’est toujours que 20h et Judith, même pas peur on vous a dit. Sauf qu’une fois le documentaire terminé, il sera 23h et….

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Mais notre guerrière urbaine continue son chemin, elle est venu contribuer à l’émancipation de la femme indienne, ce n’est pas pour trembler en France pour un pantalon moulant.
Un premier sifflement, suivi d’un deuxième. On l’accoste. On l’escorte. Pas vraiment à l’aise notre guerrière. Avec son pantalon qui moule « tout ce qu’il faut montrer quand on cherche un mari » (comme dit sa mère) elle se sermonne elle même en se disant que ce n’est pas bien de s’habiller ainsi tout de même quand on marche dans la rue seule le soir. Et voilà que Judith commence à penser comme une indienne. Comme une égyptienne. Comme une Finlandaise (51% des femmes disent y avoir déjà subi des violences sexuelles). En bref, Judith comme à penser comme une femme.
Une femme à qui l’on apprend à faire attention à sa tenue. Alors que la sagesse imposerait aux hommes de faire attention à leur braguette.

D’un coup, Attouchements, elle se rebiffe, on l’insulte. Forcément. Quand vous êtes une fille et que vous êtes sur votre 31, pas besoin de vous demander la permission, on a le droit de toucher « etpiscesttout ». Sinon, vous ne vous habillerez pas comme ça. Si vous êtes affublées ainsi, c’est pour plaire, pour attirer, comme toutes les salopes dans votre genre. L’idée que vous puissiez vouloir plaire à un homme en particulier et pas à la totalité des bêtes d’origine masculine, ne compte que très peu dans leur raisonnement.

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Soudain, d’autres jeunes filles se présentent, on laisse alors tomber la te-pu du moment qui aguiche puis se rebiffe, pour d’autres proies. La solidarité a ses limites. Judith, qui jusque là feignait l’indifférence malgré une peur sans nom, part en courant dans le sens opposé aux droits des femmes.
Dans sa course, elle pense à l’ironie de l’histoire : elle était venue pour soutenir le documentaire d’une femme indienne et son combat dans une société patriarcale.

Il n’est peut-être pas nécessaire d’aller aussi loin.

PERRINE VASQUE

*Pour rappel: 44% des femmes en France ont déjà été victimes de violences.

 

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