J’ai remercié mon homme pour la vaisselle et j’ai gloussé devant Brigitte.

L’autre soir, l’homme qui partage ma vie mais non mon toit, a fait la vaisselle après notre dîner, sous mon toit.
Une fois qu’il eût terminé, je lui ai dit amoureusement « merci pour la vaisselle ». Grand sourire, cœur ouvert. Puis soudain un doute : m’aurait-il remercier, en pareil cas ?
Pas difficile à savoir… le nombre de fois où je me suis livrée à cet exercice est suffisamment grand pour connaître la réponse : non. Jamais de merci.

Aucunement. Car voyez-vous, lorsque je fais la vaisselle, c’est normal. L’ordre des choses. Mais si lui la fait en revanche, ça devient un super geste super sympa, merci t’as fait la vaisselle, t’es trop chou. Oh, mon mec est cool quand même, merci chéri 🙂

Je suis sûre que ça vous est arrivé souvent à vous aussi, ce genre de remerciement béa parce qu’il a lavé votre bol. Sans que vous vous posiez même la question.
Moi-même, alors que je suis profondément attachée à l’égalité homme-femme (mais à la vraie égalité s’il vous plait, pas celle qui arrange « tu peux me porter ma valise, elle est lourde ? » ou de façade « plus de mademoiselle, on ne devient une madame quand on se marie »)
Bref, profondément attachée, disais-je, à l’égalité homme-femme, j’ai prononcé des milliers de fois des remerciements gluants de tendresse à mes hommes successifs qui se trouvaient devant l’évier, éponge en main.

Avant que cette phrase, qui en réalité n’aurait pas dû survivre à 1958, ne me saute aux yeux.

Une illustration de combien nos rôles prédéfinis sont ancrés dans notre chair.

Lorsque j’avais ce genre de débat à la maison, plus jeune, mon père, ce macho! , me répondait que s’il ne savait pas où se trouvaient les assiettes, c’est bien lui qui tondait la pelouse le week-end (cette répartition des tâches extrêmement genrée lui semblait être le sumum de l’égalité et la preuve de sa bonne foi).
Mais d’après ce que je me souviens, ma mère le remerciait pour la pelouse tondue. Or, je n’ai pas le souvenir de l’avoir entendu le soir tard remercier ma mère pour la cuisine étincelante.

Je suis personnellement pour l’égalité parfaite entre les gens. Je l’ai déjà dit. Je porte donc ma valise trop lourde, je laisse mon mec faire la cuisine, et je ne le remercie plus quand il fait la vaisselle.

Ou alors je lui demande de me remercier lorsque je la fais. Si nous réfléchissons à toutes les réactions instinctives qui prouvent notre soumission et leur supériorité, nous changerions peut-être en profondeur nos rapports. Même si ces réflexes ne semblent pas bien dangereux, ils contribuent jour après jour, à nous laisser dans les cases qu’on nous a attribuées. Et si moi, profondément en révolte contre ces cases, je me laisse aller à remercier un homme lorsqu’il fait sa propre vaisselle, imaginez les femmes qui ne portent pas ce combat. Oh ! combien chaque jour, elles doivent en avoir des réflexes de ce genre.

J’ai repensé à tout cela en lisant un article sur Brigitte Macron. Quel rapport me direz-vous ? Et bien je ne sais quoi penser du traitement de cette femme dû à son âge. Comme devant un homme qui fait la vaisselle, j’ai tout d’abord respecter les codes que l’on m’a inculqué -devrais-je dire incubé- j’ai gloussé.
Cette pomme ridée, avec un homme si jeune ! Les hommes, trentenaires, je les connais machos (encore trop souvent), aimant le sexe et les filles en short (avec des fesses sans bosse), et des visages sans ride ! Moi-même, 30 ans de moins que Brigitte, me sens si peu souvent à la hauteur de leurs exigences physiques ! (ATTENTION REFLEXE INCUBÉ : une femme doit être belle pour plaire à un homme. Code incubé n°98)
Puis j’ai rejoindre le clan du « ça ne peut être qu’une couverture ». Car pour moi aussi donc, pourtant profondément féministe, un « jeune » homme ne peut pas être attiré par une femme comme elle. Il doit y avoir un loup.

Mais ce gloussement et cette réaction n’illustrent-ils pas une misogynie instinctive, doctrinaire ?
Soudain, j’assimilais leurs propos, j’acceptais leurs idées, l’incubation a fonctionné.

Car je n’avais pas bronché devant Donald et Melania Trump.

Que Brigitte et Emmanuel Macron soit un vrai couple ou non là n’est pas la question.
Ils l’ont été, et de façon certaine.

Le problème est que je me suis posé la question. Et que j’ai gloussé.

Et que j’ai remercié mon amoureux d’avoir lavé son assiette.

La différence homme-femme, on nous la dilue dans les veines. Par piqure régulière, depuis notre naissance.

Alors ouvrons l’œil.  Et cherchons un vaccin.

Arrête de pleurer, Pénélope.

Il est marrant Monsieur Fillon. D’abord on le pensait catholique, chrétien comme il disait. Cette affirmation en soi me posait déjà quelques soucis car je n’ai jamais rencontré un chrétien totalement honnête. Les bons pères de famille qui vont à l’église le dimanche fourent toujours des tas de trucs pas clairs dans leurs prières. Au contraire, les honnêtes hommes que j’ai connus avait toujours bien mieux à faire qu’à aller prier avec bobonne le dimanche matin. Parce que pour le chrétien, sa femme, c’est bobonne.Et attention, c’est un compliment maman.
Bien sûr en public il lui donnera des « mon épouse ». Une épouse bien docile, à qui il a fait 5 enfants, ou 3 ou 4. Les seuls coïts, à quelque chose près. Parce que pas de contraception chez nous, non, pas de ça. Alors pour ne pas que bobonne engendre plus que l’on pourrait nourrir, on évite de lui conter fleurette le soir tard. Car si l’avortement est interdit, l’adultère, lui, est-il puni dans aucune religion lorsqu’il est masculin ? Biaser sa femme c’est pêché, baiser celle d’un autre c’est permis.
Toléré, presque un rite de passage pour montrer qu’on est bien un bonhomme!
Certes les hommes ont besoin de procréer, pour ça il y a la petite épouse aux cheveux gris précoces. Mais pour les besoins de sexe, pas question d’y mettre la main dessus !
Y a des choses à fourrer dans les prières le dimanche matin. Heureusement, bo-bonne a mis le serre-tête, desfois qu’il aurait eu envie de la prendre violemment par les cheveux en plein office.

Mais le père Fillon n’était pas que menteur, ni chrétien. Crétin aussi. Ca se ressemble, comme quoi il n’y a pas que moi que ça démange.
Lui qui voulait inventer un autre monde politique, plus moderne et hors système, nous vient tout droit du moyen-âge. Pas le plus sombre et le plus puant, non, celui où les hommes pensent que leurs femmes sont au mieux une quantité négligeable, au pire une source d’ennui. La belle époque. Que l’on pensait révolu. Il paraîtrait que depuis quelques études ait montré que les femmes savaient réfléchir et que certaines refusaient la maternité. Des foutaises contre-nature ! Dans le même sac (de linge sale) que le mariage pour tous ! Calomnies!

François avait épousé Pénélope. Une fille brillante, en étude de droit. Intelligente, on peut le sentir au premier de ses lourds regards.

Mais François ne voyait pas cela en Pénélope. 5 enfants plus tard, il n’avait toujours pas ouvert les yeux sur sa femme. Une femme au bord du désespoir qui, un jour de 2007, toute heureuse de trouver une compatriote à qui parler, avoue sans retenue, à la première oreille britannique compatissante venue, son long quotidien routinier, ennuyeux, barbant. Les yeux de Pénélope se mettent à briller lorsqu’elle s’amuse, dans un anglais enfin retrouvé, parfait,  de son envie de travailler, si son dernier enfant n’était pas venu au monde.
Attention Pénélope, ce jour là, à cette heure ci, tu étais censée avoir travailler, et beaucoup même. A temps plein, comme une vraie working girl. Sauf que travailler à temps plein, c’est justement ce que tu nous avoue vouloir… en vain. Et que le quotidien que tu nous comptes alors, n’a rien de celui d’une femme prise aux affaires pour un peu moins de 10 000 euros/mois.
Combien sur ton compte déjà ? Sans doute ne le sais-tu même pas. Ces histoires de sous, ce ne sont pas des histoires de bonnes femmes !
Elle aurait aimé Pénélope sans doute, arpenter les couloirs de l’assemblée nationale, dossiers sous le bras, et gamins en crèche. Elle qui doit se justifier auprès de ses chers bambins de ne pas être « si stupide, j’ai un diplôme de droit ». Oui car au moyen-âge, on élève ses enfants dans la tradition familiale : un papa et une maman, et pas d’entourloupe. Papa travaille, maman ronge son frein. Ou gâche sa vie à l’envie.Mais il est plutôt moderne François pour son époque, il rémunère ses rêves gâchés.

En fin de compte, la question n’est pas de se demander pourquoi François n’a pas pensé à dire à sa femme qu’elle gagnait 9500 euros/ mois, la question est de savoir pourquoi Pénélope n’a pas pensé à demander. Sans doute n’avait-elle pas voix au chapitre en ce qui concerne les comptes. Pensez-vous, pas des histoires de bonnes femmes on vous a dit.Mais quand même, la bonne femme, elle aurait pu ouvrir la bouche et relever la tête.
Je vous rappelle que l’on parle de la femme de François Fillon qui était lui-même le premier ministre de Nicolas Sarkosy. Un premier ministre qui n’a pas laissé grand trace de son courage, de son charisme, de son âpreté à tenir tête au petit chef du haut. Il était plutôt loser François dans son genre.
Sa frustration face à Nico, c’est Pénélope qui la payait. Le soumis soumettra, c’est la règle.

9500 euros/mois. Elle aurait été sans doute été fière de toucher cet argent Pénélope. Et voilà que je parle d’elle comme d’une petite fille.
Après tout, n’était-elle pas majeure pour l’envoyer bouler le François de la Sarthe ?
Mais lorsqu’on vit en 1543, peut-on se permettre ce genre de liberté? Toi tu dis ça parce que tu es libre, il est facile pour toi de dire ça au 21ème siècle… mais elle, à son époque, avait-elle le choix?

Et puis il est surprenant François. Sa défense n’est pas à son image. Lui qui voulait instaurer un statut de femme au foyer s’il était élu (on passera à côté, c’est bien dommage), n’a pas pensé à justifier le salaire de son épouse en rappelant sa lourde tâche d’éduquer 5 enfants. Comment ça vous osez dire que je n’ai jamais embauché ma femme ?! Je lui ai fait 5 enfants, si c’est pas un CDI ça !

Car bien sûr que non François n’a pas embauché Pénélope. Bien sûr que Pénélope n’a  jamais été au courant du compte courant sur lequel « son salaire » était rétribué.
Sans doute aurait-elle sauté dans une voiture direction l’assemblée si elle avait su. Se mettre au travail, tout de suite. Elle ne demandait que ça.
Lui la rémunérait pour un travail qu’elle ne faisait pas. Elle aurait donné tout cet argent pour pouvoir travailler pour de vrai. Drôle de famille.

Mais peut-être aussi que cet arrangement entre époux était une façon pour Pénélope de faire payer son mari pour ses rêves brisés. Une sorte de chantage entre époux.

Quoiqu’il en soit, arrête de mentir François.

Et arrête de pleurer, Pénélope.

Une histoire à pisser debout

Récemment un ami, qui vit un conflit social d’une rare violence dans son travail, m’a raconté une histoire de pipi-room.

L’histoire de tous les hommes en somme. Une histoire d’homme, en tous cas.
Une histoire toute simple à laquelle les filles, n’ont jamais pensé. Du moins, pas moi.
Nous, nos cabinets fermés hermétiquement, nous protègent des regards de nos ennemi(e)s, pendant cette pause intime.
Et soudain, Tom me donnait une autre version de la vie. Une version beaucoup plus triviale. Comme si les hommes en étaient rester à cette foutue compétition de qui a la plus grosse. Et que finalement, tout les ramenait à cela. Faire pipi en communauté était peut-être ce qui les rattachait à cet esprit tribal, ces rapports de dominés à dominants, ces compètes de vestiaire, ces histoires de mec quoi.

Les urinoirs. Tout se joue dans les urinoirs.

C’est alors que ces toilettes pour hommes, auxquelles je n’avais jamais pensé, ont pris une toute autre dimension : pisser debout, le membre sorti, entouré de congénères, c’était ça l’essence même des hommes. Si nous, petites femelles bien éduquées, nous cachons sagement pour uriner, les hommes eux, font ça en meute.  Je tenais peut-être la clef de nos différences : tout partait de là. Lorsque nous voulions mettre de la poésie et autre harmonie dans nos relations, eux faisaient pipi commun. Et je n’avais jamais rien compris. Au boulot, avec votre assistant, votre boss, le directeur financier. Est-ce de là que vient cette « solidarité masculine » qu’on a tant de mal à féminiser ? Pisser ensemble, voilà un beau geste de fraternité. Et oh tu peux bien me raconter des histoires, je sais ce que tu as, là, derrière la braguette, alors pas à moi. Ou au contraire… l’autorité naturelle de certains hommes sur leurs prochains viendrait aussi de là.
Et voilà que me viennent des questions de filles : est-ce qu’ils voient la  « chose » de leur voisin lorsqu’ils sont cote à cote à l’urinoir ? Les regards de biais sont ils prohibés ou au contraire, usuels? Et puis qu’est ce qu’on voit d’un zizi tout juste sorti de sa braguette pour uriner ? La totalité ? Le bout ? Des questions de fille, je vous dis.
C’est comment de faire pipi devant des inconnus à longueur de vie ? Comment vivent-ils ça les hommes ? Un fait comme un autre ? Un rite de passage ? Ou est-ce difficile pour certains, qui préfèrent se réfugier derrière une porte, comme les filles.

Et puis Tom m’a raconté son histoire.

Tom était alors dans une entreprise qui vivait un plan social. Avec ses collègues, il se battait fort avec la direction pour éviter les licenciements à grande échelle. Une bataille au corps à corps, car aucun des deux camps ne voulaient lâcher. Une bataille longue, également, car une grève interminable s’était engagée pour faire plier la direction, jusque là sans résultat.

Et justement ce jour là, une réunion difficile avait lieu. Des heures de négociation, entre des salariés épuisés et sans illusion, et une direction qui durcit son discours de jour en jour.

Pause dans l’arène, chacun prend 5 mins pour aller boire de l’eau, parler à ses proches, faire un résumé de la bataille aux collègues interdits de réunion et reclus dans les couloirs.

Le moment idéal pour aller au toilettes, se dit Tom. Et ce jour là, à cette minute là, Tom et son patron étaient sur la même longueur d’onde  : ils avaient enfin trouver un terrain d’entente.

Tom arrive aux toilettes, sort son caliméro (pourquoi pas) et commence sa besogne bienfaitrice. Dans son dos, il entend la porte s’ouvrir. Si, nous les femmes, seraient mortifiées de savoir que quelqu’un entre dans un tel moment d’intimité, les hommes sont habitués à ces intrusions. Donc Tom ne prend pas la peine de se poser la question.

3 urinoirs. 2 vides. Puis plus qu’une. Tom sent une ombre approchée de l’urinoir voisine à la sienne. Par politesse, Tom s’apprête à tourner la tête vers le visage de son collègue de cuvette afin d’esquisser un bonjour.

A côté de lui, collée à son urinoir, le patron intraitable. Tom ravale son bonjour, l’autre le toise d’un air supérieur. Sans doute, dans des périodes anciennes, aurait-il été temps de montrer son engin, de comparer, et le gagnant aurait gagné ainsi le respect du plus petit caliméro. Plus de réunion pendant des heures, plus d’accord qui n’aboutit pas. Terminé. Tom, qui aurait la plus petite, accepterait piteusement les exigences du vainqueur. Ou au contraire, le patron, battu à plat de couture, aurait été contraint de signer l’accord de sortie de crise, aux conditions voulues par l’homme le mieux bâti.

Mais en 2016, cela ne se passe pas comme ça. Du moins, plus officiellement. Et si un respect d’homme peut s’établir devant un cadeau de la nature, ça ne fait pas signer des sorties de grève.
Tom est grand. Le méchant patron, petit (comme tous les méchants patrons du monde).

Et de là où il est, Tom a une vue plongeante sur le caliméro de sa direction. Il y a quelques minutes ils étaient l’un en face de l’autre, furieux et élégants dans leurs costards, s’affrontant par chiffres et politesses interposés. Et là, il avait la vue sur l’engin du patron.
Impossible pour Tom de regarder dans cette direction. Pourtant il voudrait, c’est plus fort que lui, savoir lequel des deux aurait gagné dans un autre temps.
Pourtant il l’a là, sa réponse, à porter d’yeux. Regardera, regardera pas.
Mais pris par la gêne, le jet de son pipi s’arrêtai net et l’autre l’entendit, forcément. Au silence du jet, Tom s’avoua vaincu.

Finalement, le patron, toujours plus pressé, remballa l’objet interdit dans un geste rageur et viril, remonta sa braguette et se fendit d’un « bonsoir » en quittant les lieux, alors qu’ils allaient se retrouver face à face dans quelques minutes.
Comme si ces épisodes aussi intimes que violents, avaient besoin d’être refermés. Comme une mauvaise nuit d’amour « ça reste entre nous ? ».
A la fin du conflit, Tom a perdu. Le patron était trop fort.Tom regrettera longtemps de ne pas avoir pu mesurer cette domination face à face. De ne pas avoir tourné les yeux ce jour là. Juste comme ça, juste pour voir qui aurait gagné en l’an -321 avant JC.

Et moi, cette histoire m’a fait comprendre l’impossible situation dans laquelle se trouvent les hommes lorsqu’ils font pipi.

Marcel est un jeune musicien plein de potentiel et de talent. Il vient de passer 2 heures sur scène pour un show monstre dans une salle parisienne où les artistes n’ont pas encore de toilettes à part. Une salle de début de carrière, une salle d’ascension.
Après le show, il se faufile discrètement jusqu’aux toilettes pour un moment de tranquilité vite perturbé par Manu, fan de la première heure, qui se retient de pipi depuis le début du show, ne voulant pas en perdre une miette. Vedette et fan se retrouve côte à côte face à la blanche la porcelaine. « Votre show était tout simplement incroyable ! Je vous suis depuis des années, vous avez un talent dingue, et whouahou nominé pour les victoires de la musique !! »

Marcel remercie en remontant sa braguette.
Manu, sur-excité de ce moment d’intimité avec sa star, aura t-il eu l’instinct de regarder de quel bois se chauffe ce corps de rockeur? Cette idée lui a t-elle traversé l’esprit? Sûrement, connaissant les hommes.

La star n’est-elle pas tombée de son piedestal même si son engin est impressionnant ?Cette vedette qui soudain n’était plus qu’un homme qui pisse.
On marche sur la tête.

Novembre : le « moi » sans prédateur

Tu me manques et je t’aime.

Tu sais quand j’ai su que ça n’allait pas? Lorsque j’ai écouté «Il est où le bonheur ? » de Christophe Maé, et que j’ai aimé. J’ai senti le début de la fin quand je penchais la tête genre « mec t’as trop raison » à l’écoute de ses paroles sur le chagrin qui sait nager le salaud, ou un truc dans le genre. Et j’ai failli prendre le téléphone et te rappeler quand il nous parle du bonheur qui fait pas de bruit et qu’on voit pas sauf quand il n’est plus là. Moi, les larmes aux yeux, la main sur le coeur je me disais « putain j’ai été dur, il écrit bien le con». J’ai su que j’allais mal. Très mal.

 Le sevrage que je m’abstiens est affreusement douloureux. Pourquoi a t-il fallu que tu reviennes me hanter alors que le trait que j’avais tiré avait tout l’air indélébile. Juste pour mettre mes nerfs à rude épreuve. Ou encore une de tes manipulations, une petite dernière, pour la route.
Mais j’ai pas plongé, non, non, non (Christophe Maé, je m’en sors pas). A défaut de plonger j’ai compris ce que j’étais : une cible de prédateur. Non parce que c’est pas possible, à un moment, d’enchaîner les 7 plaies d’Egypte version masculine, sans se rendre compte qu’il y a un problème. Soit les cons t’aiment beaucoup, soit t’aiment beaucoup les cons, mais il fallait faire quelque chose. Bon bah voilà, j’ai fait quelque chose, on a mis un mot sur mes maux (Christophe sort de là pour l’amour du ciel) : je suis une putain de cible de prédateurs. La pauvre petite biche égarée dans la forêt.

Moi la fille indépendante, intelligente, certains diront brillante (ou parce que bon), avec un sens certain de la répartie, qui s’offusque des humiliations quotidiennes faites sur les femmes, voilà que je fais partie de la catégorie la plus flippante de la terre : cible des prédateurs !

Mais si, les prédateurs, vous savez bien. Ce sont ces hommes qui ne vous aiment que pour ce qu’ils voient dans vos yeux lorsque vous les regardez : une soumission chronique (si, si, tout le monde le voit) , un amour tout à fait disproportionné vu les attentions dont il vous cajole, et le tout nourrit par une faille qui mène à la dépendance qui mène à « ne me quitte pas » qui mène à la loose.
Ces hommes n’aiment pas écouter, ça tombent bien, leurs victimes ont vite compris que parler d’elle-même ne les mènera pas à grand chose si ce n’est à être déçue. Mais en revanche, ils adoooorent parler. D’eux, surtout. A l’imparfait du subjonctif, au futur de subordination, au passé (souvent pas très simple), et au présent (dé)composé. Bref, parler d’eux. Et puisque ces femmes adorent écouter, il est où le mal, hein, il est où?
Alors comme ça, moi aussi j’ai été victime de ces hommes? Lamentable constat. J’ai honte. Pourtant je prends la pilule, je devrais être une femme émancipée.
Mais Maintenant que tu me le dis, c’est vrai que souvent lorsque je prenais la parole pour parler de moi, ses yeux s’échappaient ailleurs, il ne semblait pas très intéressé par la conversation (excuse moi, t’es qui déjà?) et ne semblait pas non plus trouver une grande vertu à la politesse qui te pousse à au moins faire semblant. Même pas un peu? Non?
Monsieur n’aime pas faire semblant et puis monsieur s’en fiche, quoiqu’il en soit, on restera poliment à notre place dans le lit tous les soirs de toute notre vie parce que QUOI vivre sans lui??? tu t’fous d’moi?!
Parce que oui, tu es heureuse avec ton prédateur. Oui bon d’accord, tu mets un peu d’eau dans ton vin pour lui plaire, ok tu en bois beaucoup du vin pour tenir le coup, c’est vrai qu’il n’est pas le plus câlin et qu’il est plus présent quand il a des soucis que quand c’est toi qui en as, et bon c’est pas faux qu’il n’aime pas quand tu lui demandes des trucs qu’il n’a pas envie de faire, et puis bon pendant que t’y penses tu ne fais pas TOUJOURS ce que tu veux… Par contre lui si… bref.
Le plus troublant c’est que ces femmes qu’on n’écoutent pas, ont souvent des choses passionnantes à raconter. Parce que vous avez peut-être remarqué que les victimes de prédateurs sont souvent fort instruites, avec des professions +++ et qu’elles déchirent dans leur genre (Je parle pour moi évidemment).  Des fille passionnantes, qui parlent plusieurs langues, qui brillent dans leur domaine, qui voyagent à travers le monde, qui inspirent tant et tant de gens, qui s’intéressent aux autres (c’est là que le bas blesse), qui sont souvent très intelligentes pour avoir compris qu’il est plus
préférable d’écouter que de parler, mais qui ne sont pas aller au bout du raisonnement à se dire : oui bon c’est point trop n’en faut.
Je me souviens de cette histoire que l’on m’avait raconté sur Norah Jones. NORAH JONES VICTIME DE PRÉDATEUR, TU VAS JAMAIS ME CROIRE!
J’étais allée la voir en concert au festival Jazz à Vienne. Je me souviens encore de sa tenue : une robe rouge parfaitement ajustée qui, même à 500 mètres le cul sur une pierre brûlante dans un amphithéatre comble, la mettait tellement en valeur que tu ne pouvais pas ne pas voir combien elle était belle. On ne pouvait pas passer à côté de sa beauté.
Et attends, elle commence à chanter.
Là tu te dis que soit le gars derrière sa console est le meilleur ingé son de tous les temps et il est temps dans ce cas que tu connaisses son prénom pour lui consacrer ta vie, soit cette fille là a une voix extra-ordinaire. Rien à voir avec ce que tu entends sur le disque. Un truc inhumain. De beauté.
Et voilà la robe rouge et la voix géniale s’installer au piano, puis à la guitare, puis au rhodes, puis re-piano, avec musiciens, sans, acoustique, a cappella, alanguie j’étais. Scotchée par autant de talent dans une aussi belle enveloppe. La fille qui a tout. Que tu ne peux même plus détester tellement elle a tout.
J’en reviens donc à mon histoire. Quelques semaines après cette rencontre avec la perfection-faite-femme je rencontre un ami qui bosse dans le milieu de la musique. Norah (oui parce que je l’appelle Norah) venait de sortir un album, je lui en parle pour avoir son avis. Sa réponse :
« Le problème avec Norah Jones, c’est qu’elle sort des albums à chaque fois qu’elle se fait larguer, et elle se fait larguer très souvent. »
QUOIIIII????
Au-delà du fait que cette affirmation ne semblait pas être une critique très positive sur son dernier album, un truc s’est soulevé en moi :
« MAIS COMMENT ÇA??? CETTE MEUF SE FAIT LARGUER??? »
« Ah bah oui ! » qu’il me dit « Elle prend toujours des loosers avec qui ça ne marche pas, elle se fait quitter, elle pleure, elle sort un album ».
QUELQU’UN POURRAIT-IL EXPLIQUER À CETTE DAME QU’ELLE EST EXCEPTIONNELLE ET QUE LES LOSSERS BAH C’EST JUSTE PAS POSSIBLE EN FAIT VU SON STATUT DE PERFECTION-FAITE-FEMME.
Et oui, même Norah Jones, belle, talentueuse, riche, inspirée, inspirante, éblouissante, est du genre victime de prédateur.
Encore un coup de la sensibilité.
Parce que pour être victime de prédateur il faut une grande sensibilité, sinon ils ne t’intéressent pas, tu passes ton chemin en te disant « whouahou c’est quoi ce loser?! »
Bah c’est mon mec. Je te présente?
Mais novembre c’est le mois sans tabac.
Je lance le « mois sans prédateur ». Tu paris qu’à noël t’es sevrée?
🙂

Promis, un jour je te dirai je t’aime.

Et ce jour là, il ne fera pas beau. C’est comme ça, c’est une institution dans ma vie : les bons jours se font dans la brume, et les peines scintillent sous le soleil.
Alors ce jour là, forcément, pas de ciel bleu ou alors si, justement, pour tromper la tradition, et là on pourra vraiment se dire que c’est une journée spéciale. OU que tu es spécial.
Mais de toutes façons peu importe, je ne verrais que toi, comme dans les films où il pleut mais tout le monde s’en fout parce qu’on s’aime trop et qu’on vient juste de s’en rendre compte après tellement de péripéties.
Alors pluie ou brouillard, ça n’aura aucune importance mon amour. Sauf si tu viens tout juste de te laver les cheveux et qu’ils auront un effet un peu crépu comme on a tous en cas d’humidité et de cheveux propres. Gonflé et crépu. C’est très moche.
Et il faut que tu sois beau, ce jour là. Alors promis, tu ne te laveras pas les cheveux.
Ca sera le signe entre nous, tiens. Les jours de lavage, tu sauras que le je t’aime n’est pas pour tout de suite.

Parce que ton je t’aime, je veux le soigner. Je veux qu’il brille comme un sous neuf.
Après tout, tu l’auras bien mérité. Tu l’auras attendu quoi, 30-40 ans? Et moi à peine 30 ?(oui, je continuerais de mentir sur mon âge).
Donc voilà deux patients bien impatients de se dire des choses.
Bien sûr, tu sauras que ce n’est pas mon premier « je t’aime ». Il y en a eu des wagons d’autres avant toi.
Des je t’aime d’égoïste, de barbu, d’emmerdeur (souvent lié je n’ai jamais compris pourquoi), des je t’aime distingués mais pas sincères, des je t’aime qui se sont distingués par leur courte durée de vie, des je t’aime à la con, des je t’aime de cons, des je t’aime paresseux (puisqu’il faut bien aimer quelqu’un…) des je t’aime flamboyants (vous avez vu les filles comme il est beau??) des je t’aime aberrants (t’as vu son mec comme il est moche), des je t’aime d’inattention (pardon, vous êtes?), des abrégés (JTM), des qu’on abrège (tu vas rire, je te quitte), des qui nous tienne à coeur et que quelqu’un d’autre abrège (tu vas rire, mais je te quitte), des je t’aime qui font mal (putain, comme je l’aimais), des je t’aime qu’on ne dit pas, des qu’on regrette d’avoir dit, des qu’on a oublié (ah oui c’est vrai! ohlalala…), bref, toutes sortes de je t’aime parfaitement imparfaits qui font la vie, notre vie, avant NOUS.
Je ne sais pas trop à quoi va ressembler le tien, je ne sais même pas trop à quoi tu ressembleras ce jour là (tu auras les cheveux sales), mais je sais que je vais l’adorer. Comme je t’adore.
Vas-tu y répondre? Je ne sais pas. Tout le dilemme est là d’ailleurs. On n’ose jamais le dire en premier, une histoire de honte parait-il si ce n’est pas réciproque. Surtout si on est une fille. 2000 ans de « je t’aime » masculin en first, ça ne s’oublie pas si facilement.
Mais moi tu me connais, j’emmerde ce genre de tradition, alors je te le dirais en prem’s.
T’auras pas intérêt à me griller la priorité d’ailleurs.

Je ne sais pas si tu répondras.

Et puis non.

Tu me diras juste « Il était temps ».

Bon alors, c’est quand que tu arrives dans ma vie, que je te dise « je t’aime ».

Noël 2015, l’innocence en cadeau

A quoi rêveras tu ce soir sous le sapin? A ta belle voiture télécommandée que tu as gentiment demandé au père noel dans la lettre que ta maman a posté il y a déjà plusieurs semaines?(parce que, délai oblige, il faut bien que le père noel ait le temps de fabriquer ce cadeau magique).

Les étoiles que tu auras dans les yeux demain matin au réveil, en contemplant tous tes cadeaux au pied du sapin, seront-elles aussi brillantes que d’habitude? Ou verras-tu l’ imperceptible voile d’inquiétude dans les yeux des grands? Les cadeaux continueront de joncher le pied du sapin, rien aura changer, apparemment. Rien, sauf une insouciance morte. Le papier sera joli, des sapins et des étoiles dorés emballeront les cadeaux sur un fond bleu ciel, les guirlandes clignoteront, les huitres s’ouvriront et les verres s’entrechoqueront. Les « joyeux noel » retentiront, impercectiblement moins joyeux qu’il y a un an. Le coeur est différent. Nous serons heureux d’être ensemble, vraiment, peut-être pour la première fois. E pour la première fois, soulagés d’être là.

Je regarde ta peau blanche, translucide, sous laquelle les veines se dessinent par transparence. L’image même de l’innocence. Mon enfant, petit enfant fragile né sous la guerre, en France, ressens-tu la peur qui nous étreint autour de la table, au pied du sapin? A quoi penses tu lorsque tes yeux immenses et clairs se posent un instant dans le vide? Est-ce un air inquiet que je devine, ou le suis je tellement que je t’attribue ce sentiment qui t’épargne encore? Lorsque tes trop grands yeux quittent ton dessin pour se poser nul part et qu’un voile lointain envahit ton visage, à quoi penses tu? Ressasses-tu ta liste au père noel, inquiet d’y avoir oublié l’essentiel ou ressasses-tu d’autres listes,  trop entendus depuis des semaines, des listes de mots trop lourds pour tes 6 ans? Ceux des restaurants devenus dangereux et de concerts maudits?

Les anges sont toujours prisonniers de leurs boules sur le sapin, la musique de noel résonne dans la maison, les guirlandes brillent, mais lorsque tes grands yeux se posent ailleurs, j’aimerai, mon cher enfant, autant que toi peut-être, que le père noël existe.

L’ABCD de l’égalité ne rentrera pas en maternelle.

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Ca aurait été une belle avancée. Plus de stéréotype dans les maternelles, plus de petites filles cachées dans le fond de la cour pour jouer à l’élastique loin des petits garçons qui courent partout dans l’espace qui leur est d’instinct réservé: la cour entière.
Ca aurait été une belle avancée que ces mêmes enfants se partagent le même espace. Ca aurait été une belle avancée qu’ils échangent leurs jeux: les garçons à l’élastique et les filles au ballon. Mais voilà, le gouvernement vient de faire marche arrière sur cette question de l’égalité des sexes, du moins pour les tous petits. L’ABCD de l’égalité ne verra pas le jour à la rentrée prochaine et certainement pas non plus à la rentrée suivante. Pourquoi? Parce que les ministre en charge de ce dossier, Benoît Hamon et Najat Vallaud Belckacem ont finalement cédé à la rue qui prétendait que l’égalité des sexes signait la fin des genres. Car même en France il y a encore beaucoup de monde qui ne souhaite pas que les hommes et les femmes soient réellement égaux. Beaucoup pour qui une petite fille qui passe l’aspirateur comme maman c’est trop mignon. Et qui n’ont pas trop envie de la voir bricoler comme papa. Même en 2014, non merci.
Alors cette majorité appelée autrefois « silencieuse » est pour cette fois devenue très bruyante.Les mêmes qui ne souhaitent pas le mariage pour tous (privilège hétérosexuel) ne souhaitent pas non plus l’égalité pour tous. Logique.

QU’EST CE QU’ON A FAIT AU BON DIEU: SEXISME AU BOX OFFICE

Sauf qu’il est pénible que de toutes les inégalités, celles des sexes reste encore très politiquement correct.La preuve en image avec le dernier film de Christian Clavier Qu’est ce que j’ai fait au Bon Dieu? énorme succès au Box Office, qui a fait de la lutte des clichés son cheval de bataille. Si le ton est lourdingue, les clichés faciles et grossiers (voir grotesques), il y a une volonté évidente de vaincre les préjugés  qui peuvent encore aujourd’hui se glisser dans nos rapports aux autres. Sauf un: le clichés des genres. Car si le chinois se bat avec le musulman qui lui insulte le juif, tout ce petit monde se réconcilie bien vite pour se retrouver dans le salon de beau papa pour siroter un Bourbon après le repas. Pendant que les femmes sont réunies dans la cuisine pour laver la vaisselle dans laquelle ont mangé ces héros. Et il n’y pas une, pas deux, pas trois scènes de ce genre, il y en a tout le film. Les hommes s’entretuent, se réconcilient, se bagarrent, se câline, crient, font des batailles de boules de neige, des parties de pêche, des bons restos, pendant que leurs femmes discutent d’eux dans la cuisine en faisant la vaisselle. La profondeur des rôles est également inexistante chez les personnages féminins. Des « belles et tais toi » de mère en fille (excepté Chantal Lobi). Il m’a en effet semblé qu’il était intéressant de soulever ce cliché récurrent dans un film qui combat, justement, les clichés.

QUAND NADINE MORANO SOUTENAIT L’ABCD

Quand on se penche sur toutes ces représentations millénaires, on se demande bien pourquoi notre ABCD d’égalité ne fera pas sa rentrée des classes avec les bouts de choux en septembre. Et bien grâce à une opposition qui ne veut pas en entendre parler, alors que quelques années auparavant, du temps de leur pouvoir, Nadine Morano avait déclaré qu’il était « important de lutter contre les stéréotypes dès le plus jeune âge ». Cette même Nadine Morano qui s’étouffe aujourd’hui d’un ABCD d’égalité dès la maternelle. Il faut dire que depuis elle est copine avec Copé…

Alors merci messieurs dames, grâce à vous les petites filles continueront à passer l’aspirateur comme maman, parce que c’est trop mimi.

 

 

LA CHRONIQUE DE JUDITH (DE L’ÉTÉ) 1

 

Quand elle s’est rendu compte qu’elle pouvait coucher sans amour, ça a été un choc pour Judith. Et puis elle s’est dit chic. Parce qu’après tout, on n’est pas amoureuse tous les jours. Pourtant il faut bien que le corps exulte, comme dirait l’autre.
Bref, pas peu fière de sa première nuit d’amour sans amour, Judith s’en va en parler à ses copines. Tu penses à 32 ans c’est pas un scoop, c’est un coming –out. Elle se sentait belle, elle se sentait forte, elle ne se sentait plus. Elle fit un résumé de sa soirée à couper le souffle, tout y était : les couleurs, les odeurs et bien sûr les sons. Un peu plus, c’était orgasme collectif dans le bar. Un actrice oscarisée n’aurait pas fait mieux. Et pourtant il n’y avait pas grand chose à dire : il était beau, il sentait bon, il était outrageusement plus jeune qu’elle (au moins de quelques jours) et surtout il avait un torse sans poil et avec des muscles. Et Judith elle n’ a pas l’habitude. Elle a plutôt connu l’inverse : beaucoup de poil, et pis du gras. Les muscles, il fallait les chercher. Et qui cherche trouve. Pas toujours.
Il s’appelait S (pas Sarah) et il avait envie de la revoir. Chic. Puis plus rien. Choc. 5 jours sans plus rien. Gros choc. Car même si elle l’avait fait sans amour, elle n’aime pas bien quand on ne la rappelle pas. Question de principe. Et si elle ne souffrait pas, son égo si. Surtout que pendant des jours et des jours, avant le passage à l’acte, ils s’envoyaient des textos comme des amoureux qu’ils n’étaient pas et soudain c’est le drame. Plus rien. Et pourtant ils s’envoyaient des textos (oui oui on sait). Non mais jusqu’à 4 heures du matin parfois !(ah bon ? ah ouais!)
Alors forcément pour Judith il n’y a que 3 solutions :

  1. Les hommes sont vraiment prêts à tout pour faire l’amour sans amour avec une fille, même à se ruiner en texto pendant des jours (sauf que plus personne ne paie les textos)
  2. Son pauvre torse imberbe et musclé est en train de se décomposer sur le bord d’un chemin de Gironde au soleil et ça commence à sentir mauvais.
  3. Judith est un mauvais coup.

Et des 3 solutions, la pire pour Judith, c’est la dernière. Parce qu’être prise pour une fille facile, passe encore. Être prise pour une fille facile par un mec mort, passe encore. Mais être un mauvais coup : non !
Pourtant elle avait tort de se monter le bourrichon après s’être fait montée sur le baluchon. Car l’homme a ses raisons que la raison ignore. Et il a finit par rappeler. Enfin, par textoter (c’est gratuit). Comme ça l’air de rien : « T’es libre ce soir ? »Et puis quoi encore ! (se dit-elle à 18h). J’ai la flemme de bosser ce soir (20h). Tu passes ? (23h)

 

To be continued…

Coline Mattel: une médaillée de Bronze en or.

Le 11 février 2014 les femmes s’envoyaient en l’air à plus de 90m pour la première fois de l’histoire des Jeux Olympiques. Jusque là, d’obscures raisons de descente d’organes et de stérilité leur fermaient la porte de la compétition de saut à ski. Si elles n’ont pas encore le droit de s’envoler aussi haut que les hommes (le saut de 120m leur est encore impossible) les arguments d’un autre âge du Comité international olympique ont enfin pu être dépassés. Et pour l’occasion, une française s’est hissé à la 3ème place du podium Olympique. Pas rien. Et quand on connaît l’athlète, on se dit que ce challenge était forcément pour elle. Femme Atout fer a rencontré ce petit bout de femme qui n’a peur de rien ni de personne.

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Coline Mattel, médaillée de bronze aux JO de Sotchi à 18 ans.

Femme Atout Fer: Pourquoi les femmes ont-elles attendus 2014 pour sauter à ski aux JO?
Coline Mattel:
Pour des raisons misogynes et sexistes. Car le saut à ski était considéré comme un sport de « vrai mec ». Du coup, ils inventaient de fausses raisons médicales selon lesquelles le saut à ski rendrait les femmes stériles. Personnellement, j’aurais plus peur de sauter si j’étais un homme! Mais ce manque de reconnaissance a aussi entraîné le fait qu’il n’y avait pas assez d’athlètes féminines de haut niveau pendant de nombreuses années.Le CIO s’est servi de cet argument pour dire que le niveau n’était pas suffisant et qu’il n’y avait pas assez d’athlète pour en faire une discipline olympique. En 2010, après le refus du CIO d’inclure cette discipline aux Jeux Olympiques, des athlètes américaines et canadiennes ont porté plainte contre le comité olympique pour discrimination. Elles avaient perdu pour la raison que ce refus ne venait pas d’une raison sexiste mais bien parce qu’il n’y avait pas assez de compétitrices. C’est le chat qui se mord la queue.

Qui a tenu bon pour que le saut féminin soit enfin reconnu comme discipline olympique?
C.M:
Des athlètes américaines et canadiennes. Depuis une quinzaine d’années, un petit groupe de femmes se bat pour pouvoir sauter en compétition international.  Il faut savoir qu’en 1924 en compétition à Chamonix, les femmes sautaient déjà à ski. La discipline est autorisé depuis plusieurs années dans des compétitions nationales mais il aura fallu attendre 2006 pour qu’il y ait une épreuve féminine aux championnats du monde et 2014 pour les Jeux Olympiques!

Aujourd’hui l’équipe de France compte combien d’athlètes féminines?
C.M:
Nous sommes cinq. Deux juniors et trois athlètes de haut niveau. Aujourd’hui encore, bien sûr, avec ce retard dans la compétition nationale, le sport est moins compétitif que chez les hommes. Il y a 15 médaillables olympiques sur le circuit mondial contre le double chez les hommes.

Tu parlais des athlètes américaines et canadiennes qui se sont battues, mais en France, certaines se sont-elles battues pour que tu puisses sauter aux Jeux Olympiques aujourd’hui?
C.M:
Oui, Caroline Espiau est la pionnière de l’équipe de France (elle est âgée de 22 ans). Mon entraineur a décidé de s’occuper de cette cause car nous faisions des compétitions avec les hommes, mais il y a des différences physiques évidentes entre les hommes et les femmes donc le combat n’était pas équitable. Jacques Gaillard (cf son entraîneur) a pris l’initiative de créer cette équipe de 5 filles.

Et toi, ce manque de compétition internationale ne t’a pas fait peur? L’absence des femmes aux Jeux Olympiques par exemple ne t’as pas démotivé quand tu as commencé le saut à ski?
C.M:
Non, quand j’étais petite j’ai commencé par le ski de fond et le ski alpin. Puis, dès que j’ai essayé le saut à ski, j’ai tout arrêté tellement ça m’a plu. Dans ma tête, ce n’était pas grave qu’il n’y ait pas de circuit féminin, j’allais faire des coupes de France avec les garçons toute ma vie. J’ai commencé les compétitions à 11 ans, et à cet âge, les différences physiques entre les filles et les garçons ne se ressentent pas encore. Lorsque j’ai su qu’on ne pourrait pas sauter aux JO de Vancouver en 2010 j’avais 13 ans, j’avais donc le temps de viser d’autres olympiades.Ca ne m’a jamais posé problème, j’aimais mon sport et je voulais l’excercer, voilà tout. Même si pour une compétitrice comme moi, l’ouverture aux grandes compétitions internationales étaient grisante.

Quelle est l’ambiance avec les garçons dans l’équipe de France?
C.M:
Je n’ai jamais eu de rancoeur contre les garçons qui eux faisaient des compétitions internationales et pas moi. On se croise très peu, mais aujourd’hui encore le saut à ski masculin est beaucoup plus attractif que le saut à ski féminin. Donc lors des compétitions « mixtes », on profite de l’exposition que nous apporte les hommes. Ils attirent plus de monde et ont bien sûr plus d’expérience sur le circuit international. Cela nous permet de montrer aux gens qu’au niveau des performances, le saut à ski féminin est aussi impressionnant que le saut à ski masculin.

Dans cette discipline longtemps exclusivement masculine, ce n’est pas trop dur d’être une femme?
C.M:
Pas pour moi. Je ne me suis même jamais posé la question. Je suis arrivée au bon moment dans ce sport, au moment où les choses commençaient à évoluer. Je n’ai que 18 ans et j’ai déjà participé à des Jeux Olympiques et gagné une médaille! La confiance en moi ne m’a jamais manqué. J’ai même parfois échoué par excès de confiance. J’ai toujours fait de bons résultats sans trop me fouler. Et puis avec l’entrée des filles au niveau international le niveau s’est intensifié mais je me disais toujours « ça va passer ». Sauf que parfois ça n’est pas passé! J’ai donc compris que mon talent ne suffisait pas, il fallait que je bosse!

Tu as fait preuve d’un mental d’acier pour ces premiers Jeux Olympiques. Revenir avec une médaille de bronze c’était un objectif?
C.M: Mon objectif était d’être première! J’ai toujours été une compétitrice, à chaque compétition, je veux être la meilleure. Et j’arrive à transcender mon stress en performance. Cette saison, j’avais fait un seul podium avant de commencer les Jeux Olympique, alors que  Sara Takanashi, la japonaise dominait le classement mondial. Elle a pourtant fini derrière moi aux Jeux,à la 4ème place. Preuve que le stress est bien présent dans cette compétition. Et en ce qui me concerne, le stress me permet de me surpasser.C’est elle la concurrente la plus sérieuse. Elle est plus dangereuse que la championne Olympique Carolina Vogt.

Tu continues à suivre des études en parallèle de ta carrière sportive?
C.M:
Oui, je suis en licence Arts du Spectacle à la face de Grenoble. Je pense que je vais faire ma licence en 15 ans mais j’ai réussi à avoir un emploi du temps aménagé. Car les entrainements sont quotidiens (4à 5 heures/ jour) et l’hiver le championnat du Monde est l’objectif majeur. Surtout que nous ne sommes pas professionnelles dans le saut à ski, nos seuls revenus viennent des sponsors d’où l’important de faire de bons palmarès dans les compétitions majeurs afin d’être remarquées par les financiers. Mais ce que je gagne me permet de vivre bien et pour l’instant, j’adore ma vie!

Quels sont tes objectifs à court et moyen terme?
C.M:
Dimanche 15 juin, je suis reçue à l’Élysée, avec tous les médaillés olympiques, afin de recevoir la médaille du Chevalier de l’ordre National du Mérite. On regardera ensemble dans un salon privé le premier match de l’équipe de France de foot pour le mondial! Et pour le côté sportif, je vise la première place des prochains championnats du Monde (compétitrice on vous a dit). J’espère également que pour les prochains Jeux Olympiques de 2018 les filles pourront sauter du grand Tremplin (120m). Et il faut qu’une épreuve féminine soit ENFIN crée pour la TOURNEE des 4 Tremplins qui est LA compétition phare du saut à ski, comme les XGAMES pour le ski. Malheureusement, encore aujourd’hui, les filles n’y ont pas accès!

 

 

 

 

 

Contraception: le latex, meilleur ami de la femme.

auDécembre 2012 doit sonner comme une date maudite pour les laboratoires de pilule contraceptive de 3ème et 4ème génération. Marion Larat portait plainte alors contre le laboratoire Bayer après un AVC subi en 2006 dû à la pilule de 3ème génération. Un terrain génétique favorable, une absence de vérification préalable de la part des gynécos ont entraîné des milliers de cas similaires. Et une méfiance grandissante  des femmes face à cette pilule jusque là reine des contraceptifs en France. Symbole de la libération de la femme, les femmes veulent aujourd’hui s’en libérer. Stérilet, abstinence, retrait, pleins d’autres solutions super existantes existent pour se sortir du « tout pilule ». Petit bilan sur cette crise de la contraception où le préservatif, et avec lui la participation des hommes, semblent arriver en tête des préférences des femmes.

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Le scandale sanitaire des pilules de 3ème et 4ème génération a remis la contraception masculine au centre des discussions. Non, l’idée n’est pas de nous débarrasser des mauvaises hormones en contaminant nos hommes. Non. D’autant que la pilule masculine n’a rien de sexy. Sauf que voilà, ne plus faire l’amour pour éviter de procréer ne l’est guère plus. La technique du « retrait » retrait, pas plus existante, semble être un recours précaire pour enfant précoce.
A l’heure actuelle, peu de solutions transversales pour celles qui ne souhaitent plus mettre des alarmes sur leur portable pour penser à leur pilule. Le stérilet, peu recommandé pour les femmes aux règles abondantes (pardon messieurs pour les détails), ne semblent pas adapté au plus grand nombre. Bien sûr, il reste les pilules de 1ère et 2ème génération pour lesquels les risques d’accident thromboembolique veineux (formation d’un caillot sanguin dans les vaisseaux) sont deux fois moins élevés que pour les pilules de 3ème et 4ème génération. Voilà qui semblent rassurant. Sauf que les effets secondaires de ces pilules des années 80 sont beaucoup plus fréquents que chez leurs récentes cousines: acné, douleurs mammaires, nausées…Sympa.

Quoiqu’on décide, la solution n’est donc pas idéale. Et c’est bien ce que semble penser 1 femme sur 5 en France qui déclare avoir changé de moyen de contraception depuis le scandale de décembre 2012.
Les ventes de pilules de 3ème et de 4ème génération ont chuté de 45% en un an. Elles sont passées de 45% des ventes de pilules en 2012 à 22% en 2013! Le stérilet en cuivre a connu un bon de 47% en 2013. Et il est rassurant de constater que la contraception ne se résume plus en France à la pilule, elle qui a souvent été le symbole de la victoire du combat des femmes sur la sexualité masculine.
Le stérilet, de plus, a été longtemps contre indiqué par les gynécologues pour les femmes qui n’ont pas encore d’enfant. Alors raison sanitaire (le stérilet abîmerait les trompes) ou raison économique (un stérilet coûte 30 euros tous les 5 ans contre 30 ans tous les deux mois pour la pilule)?
Mais depuis décembre 2012, plus d’un million de femmes ont changé de contraception en arrêtant la pilule. Et la flambée supposée des avortements, utilisée par les gynécos comme pamphlet pro-pilule n’aura pas eu lieu: le nombre d’avortement n’a pas augmenté en France ces dernières années . Comme quoi, et n’en déplaise à certains gynécologues, les femmes arrivent seules à assumer leur sexualité. Mais alors: comment ont-elles fait pour arrêter la pilule sans faire exploser le nombre d’IVG? Et bien elles se sont souvenus que l’amour se faisait à deux, que les enfants aussi, et qu’elles n’étaient donc pas toutes seules dans cette galère. Elles ont donc naturellement demandé la contribution de leur homme (d’un soir ou d’une vie). Et voilà que le préservatif a fait sa réapparition dans les couples français, stables ou pas. Alors certes, beaucoup ne supportent pas la capuche en latex et restent définitivement en froid avec elle. Pour autant, admettons que la qualité est devenue bien meilleure ces dernières années. Fini le temps où elle était aussi difficile à enfiler qu’un sous pull en moere de notre enfance. Ni aussi épaisse qu’une doudoune NafNaf. Non, aujourd’hui avec ou sans, c’est bon. Bien sûr, il faut tomber sur le bon partenaire. Mais là, la science ne peut rien pour vous.
Évidemment, cette solution n’a rien d’idéale et ne peut pas vraiment être employée sur le long terme. Sauf que cette alternative a au moins le mérite de faire participer les deux partenaires à la contraception.
Et cette décision semble avoir convaincu beaucoup de couples puisque le préservatif a progressé de 3,2 points en 2013.

De son côté, Femme Atout Fer a mené l’enquête auprès des filles/femmes de son entourage et les résultats sont assez parlants: 100% des femmes interrogées entre 30 et 40 ans ne prennent pas la pilule. 50% l’ont arrêté depuis le scandale, quand l’autre moitié ne l’a jamais prises ou très peu.
Les filles entre 20 et 30 ans continuent à prendre la pilule, mais 50% d’entre elles sont passées de la pilule de 3ème génération à la pilule de 2ème génération.
Dans notre panel, 100% des femmes sont aujourd’hui préoccupées par la pilule et ne sont pas sereines vis à vis de leur contraception.

47 ans après la légalisation de la pilule en France, les femmes semblent vouloir repenser leur contraception. Et la repenser à deux. Car si le préservatif est contraignant, il l’est pour les deux partenaires. Un peu d’égalité en matière de contraception est la bienvenue. Reste à trouver une solution plus viable. Une solution qui ne sera peut-être pas parfaite, mais qui, souhaitons le, unira les gens qui s’aiment dans ce même combat.
Les contraintes de liberté semblent plus acceptables quand elles rassemblent.